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Spécial concert à Arras
 
Les yeux encore bouffis de sommeil, nous étions prêts sur le ponton de la Nation à embarquer. Déjà la veille, nous étions ragaillardis par l'arrivée d'un renfort venu nous prêter main-forte avec sa contrebasse. Ceux qui le connaissent ont senti que sa présence était un bon présage. Il a fallu se tasser dans le car et les bassistes ont déposé à contrecoeur leurs instruments à fond de cale à côté des tonneaux. A peine débarqués à Arras, nous avons sauté à pieds joints pour répéter, jauger l'acoustique. La salle de concert avait un charme rétro avec ses gradins en demi-lune et ses sièges rose saumon. Nous n'avons vu d'Arras que des rues calmes sous un soleil éclatant. Nous avons collationné histoire de ne pas être trop alourdis pour le concert. Il ne faut pas rêver : il y eut quelques ratés dans le concert mais nous nous étions améliorés depuis décembre. Nous avons été sous le charme de la petite clarinette de Didier. En attendant de pouvoir rentrer au port, P.F. s'est vu offert un poster qu'il voulait d'abord jeter à la poubelle mais devant notre insistance, il a jeté un coup d'œil et n'a pas pu s'empêcher d'en rire.
Le retour nous a semblé rapide. On se souviendra non pas du "genou de Claire" mais du "gâteau au chocolat de Claire". Joseph a failli passer par-dessus bord quand il nous a annoncé qu'il avait oublié le tire-bouchon. Heureusement pour lui, un groupie nous en a déniché un de sa poche et une fois les bouteilles ouvertes, l'ambiance s'est réchauffée : Corinne ne parlait que de ses canards pendant que d'autres divaguaient sur la future tenue de concert qui nous assurerait un public à la hauteur de notre talent : lingerie féminine
affriolante et j'en passe. Nous avons eu du mal à nous éparpiller et avec la perspective du concert du 27 mai nous espérons que la journée sera aussi bonne, nous jouerons encore mieux, cela va sans dire, mais nous avons conscience que nous sommes un équipage content de naviguer sur une belle goélette.
Anne Convert, Avril 2000.

Nous remercions chaleureusement Michel Lauret.
Arras fut plein de surprises, l'une d'entre elles fut de "Taille" Contrebasse… !
Certains d'entre nous qui connaissent bien Michel Lauret furent émus de le voir… et encore plus émus et heureux de le voir monter sa contrebasse et de jouer avec nous. Quel bonheur ! Quel honneur ! Ceux qui ne le connaissaient pas ?
…bouche à oreille, de la clarinette Contrebasse professionnelle ! admiration !
Arras fut une réussite sur toute la ligne… Merci Michel, d'avoir participé à cette réussite.

Lettre ouverte à Corinne
Corinne, Aux lendemains du 02 Avril 2000, on voudrait encore te dire "MERCI" avec autant de force que..., mais cela paraît impossible, qui pourrait faire mieux que tous les remerciements silencieux qui t'ont été offerts, hier, pendant le concert, la musique y était si belle !
Que tu le veuilles ou non, tu es le point de départ, d'un enchaînement de cause à effet "le créateur" d'instants privilégiés qui prirent "forme" hier, qui devinrent une sorte de prière de remerciements qui n'alla pas à la Vierge comme prévu, mais à un autre être humain, pour apaiser ses souffrances. Des plaies ont été guéries ! Une véritable prière collective emportée par le coeur, l'émotion et la musique de chacun, bien plus que par le désir et la conscience, vers toi et vers le public vers chacun d' entre nous. Des remerciements qui prirent la forme desons magnifiques, partagés, touchant les êtres sensibles et "exponentialisant" leur pouvoir constructif. Ils touchèrent aussi des êtres moins éveillés à l'émotion et les emportèrent avec nous : en témoignent les applaudissements réservés du début, qui ne furent que "crescendo" jusqu'aux derniers rappels... Pierre-François.
P.S. Si cette lettre passe un jour dans le petit journal de "Yukari - Marc - Ebène Bleu" je tiens à ce que chacun sache que, en plus de tout ce que je ressens et qui est exprimé clairement ci-dessus, existe comme une trame invisible et solide, l'expression de mes félicitations véritables à chacun d'entre-vous, de mon immense plaisir à être entré avec vous sur le chemin qui mène à la musique, celle que j'espère depuis toujours. Michel Lauret à l'issue du concert m'a dit quelque chose de très simple, qui ressemble bien à sa sensibilité à fleur de peau : "Il y a eu de très bon moments". Quel compliment ! Dans notre métier de professionnel, ils existent si rarement ! ARRAS sera et restera une des pierres angulaires d'Ebène Bleu. Continuons à construire...

Yukari : Le concert d'Arras. Pour moi, c'est une réussite sûre. J'ai eu l'impression d'une "unité" lors de ce concert. L'idée de jouer le Stabat Mater à Arras était ton désir et le premier élément déclencheur de la naissance d'Ebène Bleu. J'espère que tu es contente, oui ?
Corinne : Je te réponds par un grand "oui" bien sûr et sans retenue. Comme beaucoup de membres d'Ebène Bleu, je suis contente. Je souhaite donner de suite une remarque qui m'impressionnée, c'est celle d'une jeune flûtiste de 12 ans qui d'elle-même, seule s'est approchée de moi pour me dire qu'elle avait apprécié la Musique Sacrée d'Ebène Bleu.


Yukari : Qu'en penses-tu ?

Corinne : entendre cela m'a touchée. Le premier mot qui m'est venu à l'esprit, pour le concert dans son ensemble, c'est le mot :
"Symbiose". "Et ce n'est rien de dire…". "Prétentieux comme terme ?". "Non, vrai !". Vrai, parce que je l'ai lu dans les yeux brillants des personnes du public rencontrées juste ou quelques jours après le concert. Vrai aussi, au sein de l'orchestre avec les solistes et le chef d'orchestre, parce que j'ai senti une ambiance et un contentement "sain" parmi les musiciens. Vrai enfin, parce que simplement ressenti… Cela rejoint ton idée. Les commentaires entendus le confirment : "On était pris dans la musique" ; "Nous étions vraiment dedans" ; quand tout le monde présent vit la musique, comment ne pas être heureux ?

Yukari : Je n'ai pas forcément bien joué mais je me suis sentie comme un élément dans un orchestre, c'est à dire vraiment "fondue dans la masse". J'ai assez d'expériences musicales en ensembles et jamais encore je n'avais ressenti cela à ce point. Pour moi, Arras est une expérience extraordinaire.
Corinne : Ah… ! Comme c'est agréable d'entendre cela, c'est formidable pour Ebène Bleu. Les impressions se rejoignent… une remarque encore, celle d'un chef d'orchestre : "Tu vois Corinne, lorsque les applaudissements ne retentissent pas de suite ; cela veut dire que le public baigne encore dans la Musique !". Alors …, pour celui-ci et pour d'autres grands moments encore : un grand merci à Pierre-François.

Un petit concert bien sympathique

Place de la Nation 9 heures, se lever si tôt un dimanche matin, faut vraiment être dingue. Dans le bus on retrouve les copains vus la veille pour l'ultime répétition. Arras, 11 heures du matin on rentre dans la salle des concerts pour un raccord avec la chorale. Quelle jolie salle c'est un plaisir de jouer dans ce décor italien.
16 heures, après une petite balade dans la ville c'est l'heure H, faut jouer devant un public quand même fourni pour un bel après-midi. Le trac ne me lâche toujours pas, mais les notes vont le faire envoler, le Stabat fait oublier le reste. 17 heures, le bis de l'Ave Verum sonne bien, c'est un beau point final. Le public a l'air content. Tant mieux nous aussi. 19 heures, dans le bus on trouve enfin un tire-bouchon et se congratule autour d'un kir bien mérité. Des concerts comme cela on en redemande. Merci à Corinne, et quand vous voulez pour une sortie bordelaise que nous organisera Jacques.
Béatrice.

Impressions du concert d'Arras

Le concert du 2 avril à Arras était pour moi le premier dans cet ensemble de Clarinettes. En effet, je suis arrivée en janvier 2000 à Ebène Bleu. J'y ai été très bien accueillie. C'était aussi la première fois que j'accompagnais des solistes et un chœur. L'expérience fut enrichissante. J'ai eu beaucoup de plaisirs à les entendre et à nous écouter. Les œuvres et l'interprétation m'ont émus. J'espère encore
pouvoir partager d'aussi bons moments au sein de cet orchestre de Clarinettes. Wolfgang Amadeus MOZART disait à son père, Léopold, à propos de la clarinette : "Père, vous ne pouvez imaginer la beauté du son de la clarinette !"
Claire

Il dit : "la musique est le recourt des êtres dont la "sensibilité est trop grande"
Alors, il développe...! Bien souvent, la musique est le recourt des êtres dont la "sensibilité - souffrance" est trop grande pour qu'ils puissent parler ou exprimer tout ce que leur vie leur interdit de dire... alors ils prennent un instrument et "le charge de dire à leur place"... Ca va marcher. C'est ce qu'ils croient. Mais, exprimer grâce à la musique n'est pas plus facile! C'est bien souvent une fuite, en avant, vers une identité-masque, qui ne masque rien... Donner sa musique à écouter c'est se mettre à poil. L'instrument, de qui ils attendent le maximum, n'est qu'un instrument qui ne peut que obéir à son propriétaire... Il est le reflet même de son maître ! Il ne parle pas plus que lui, au mieux, il bafouille, ou dit ce qu'il pense très fort et ne l'émet que sous forme de sons-lapsus. Il coince, il suffoque, il spasme, il transpire, au mieux il n'a que le trac !
Pauvre instrument, que ne lui faisons-nous pas subir ?
Ce que nous nous faisons subir à nous-mêmes. Alors "on dessine ?"
La musique a besoin du corps et le corps n'est pas plus facile à bouger que l'esprit. Pouvons-nous travailler dans ce sens ?


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